La pratique de l’aviation légère et sportive en aéroclub est par essence privée et ne peut donc être monitorée avec les mêmes critères et les mêmes moyens qu’une compagnie commerciale. Elle est toutefois régie par les mêmes principes et les mêmes exigences de sécurité, et ce à plusieurs niveaux.
JE SUIS :
Au niveau de la structure l’aéroclub
- une politique sécurité est écrite par le Président
- celle-ci est mise en œuvre par le Correspondant Prévention et Sécurité de l’aéroclub, son action consistant à être un référent neutre (pas de jugement, seulement de l’analyse) pour les pilotes
- il est entouré d’une commission sécurité, qui l’épaule pour animer des réunions thématiques, échanger avec les autres usagers de la plate-forme, analyser les signaux faibles et donc mettre en place des moyens de prévention
- le Responsable Pédagogique a lui aussi un rôle clé dans le suivi des pilotes
Au niveau des pilotes
- un certificat médical spécifique est délivré à l’issue d’une évaluation physique et mentale par des médecins spécifiquement agrée. Ce certificat à une durée de validité limitée
- un entraînement régulier est exigé et vérifié
- un bilan de compétences (dit prorogation) est effectué tous les deux ans par un instructeur
- chaque ’lâché machine’ (autorisation de vol sur un appareil du club déterminé) fait l’objet d’un programme écrit et validé par l’équipe pédagogique
Au niveau des avions
- chaque appareil passe des visites périodiques (50h, 100h, 2000h, etc) dont le programme d’inspection est décrit par le fabricant
- chaque appareil dispose d’un carnet d’entretien (dit Cardex) où toutes les interventions sont listées de même que les pièces changées
- les intervenants sont titulaires d’un diplôme de mécanique aéronautique
- les pièces des appareils sont toutes certifiées et sont associées à un document (dit Form 1)
A cela s’ajoute une procédure de remontée d’incident nommée REXFFA (retour d’expérience) mise en place pour signaler et décrire anonymement des incidents (et non des accidents qui eux suivent une autre procédure non décrite ici car n’entre plus dans le processus de prévention au premier degré) de façon factuelle que l’on soit l’auteur de ces évènements ou simple témoin. L’analyse de l’évènement sera procédée par une équipe indépendante qui pourra à l’issue préconiser aux dirigeants des mesures de prévention pour éviter qu’un accident ne survienne.
Enfin enfreindre les règles de l’air, les règles internes à l’aéroclub ou faire preuve de mise en danger volontaire conduit à une sanction disciplinaire (qu’elle soit interne à l’aéroclub ou émise par la DGAC). Il ne s’agit plus de la sécurité à proprement parler mais la menace d’une sanction participe aussi à ’garder les pieds sur terre’ aussi paradoxal cela puisse être pour un pilote !
Petit tip : lors de votre visite à l’aéroclub, on vous conseillera très certainement de revêtir un gilet fluo du plus bel effet… il ne s’agit pas d’une coquetterie aéronautique mais de vous rendre visible pour éviter toute rencontre intempestive avec une hélice en mouvement ;). La pratique du vol en aéroclub est principalement en régime de vol à vue (ou VFR) où la maxime ’Voir et être vu’ prévaut !
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« L’erreur est humaine.…faute avouée, à moitié pardonnée… » autant de lieux communs mais qui s’appliquent particulièrement dans le contexte de la Culture Juste.
La pratique de l’aviation légère et sportive n’est pas une activité anodine, elle peut donner lieu à des évènements inconfortables, dangereux, voir fatals, qui doivent naturellement être évités à défaut d’être éradiqués.Ce sont autant de signaux faibles qu’il faut être à même d’identifier et avoir la présence d’esprit ou le courage de déclarer pour le bien de tous. La procédure REXFFA vous permet de faire ceci en tout anonymat jusqu’à votre échange avec le Correspondant Prévention et Sécurité. Celui-ci, a le devoir du secret ’aéronautique’ mais peut s’ouvrir au Président et au Responsable Pédagogique. La Culture Juste encourage tous les signalements dans un esprit positif (le témoignage est souhaité la délation est proscrite) en garantissant qu’aucune sanction ne sera prise pour ce signalement.
Le pilote même breveté depuis plusieurs années est en apprentissage constant. Il doit trouver un équilibre entre la confiance en soi et la sagesse du doute. L’apprentissage se fait soi-même à partir des nombreuses ressources disponibles en ouvrage papier ou numérique (on citera entre autres en référence les compilations des articles de Michel Barry publiées dans Info Pilote, le magazine fédéral -inclure la sécurithèque-). L’apprentissage se fait ensemble en échangeant avec d’autres pilotes (sans acquiescer évidemment à tout ce qui est dit) mais aussi par des heures d’instruction complémentaires indépendamment de tout vol réglementaire (prorogation, lâcher machine, heure club). Celles-ci peuvent être motivées par la volonté de renforcer ses capacités
en environnement complexe (fort trafic, zones contrôlées) ou météo plus défavorable (vent de travers fort).Enfin si le PPL/LAPL standard permet de faire de nombreux vols procurant une entière satisfaction, étendre son domaine de vol par le passage de l’habilitation de nuit, la formation à la langue anglaise et la pratique du sport aérien est une méthode pour faire progresser la sécurité de son pilotage. Ces derniers éléments font l’objet de subventions accordées par le CRA Pays de la Loire. (mettre le lien)
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Le Correspondant Prévention et Sécurité Régional a pour vocation d’animer le réseau des CPS des aéroclubs en collaboration avec les Présidents et les Responsables Pédagogiques.
A l’instar de la communauté de l’informatique open source et libre de droit, l’objectif est de rendre les techniques pour faire progresser et déployer la sécurité accessibles à tous. Selon leur taille, leur localisation et l’opportunité tous les aéroclubs n’ont pas la même richesse de savoir et de compétence. Ainsi ceux qui disposent d’outils et de méthodes sont invités à les partager avec les autres aéroclubs. Il ne s’agit pas non plus de faire un concours mais générer une saine émulation qui permettra à la sécurité de progresser.Toutefois il existe un concours organisé au niveau fédéral, le Prix de la Sécurité qui permet de faire connaître au plus grand nombre des initiatives locales. Le CRA invite chaleureusement les aéroclubs à y participer et se propose de les aider pour la mise en œuvre.
De façon concrète, le CPRS se rapproche des aéroclubs pour identifier leurs succès et leurs difficultés et organiser une synthèse pour identifier des problématiques communes et en discuter avec les autres CPRS au niveau fédéral. Le CPRS extrait aussi l’essence des méthodes fructueuses pour les rendre génériques et utilisables tous les aéroclubs. C’est aussi le relai de la politique de sécurité fédérale.
Parallèlement à cela, l’inénarrable Jean-Pierre Ghosez, enrichi de ses nombreuses années en tant que pilote, instructeur et chef d’exploitation se propose d’intervenir dans vos aéroclubs sur les thématiques que vous souhaiterez afin d’illustrer avec force détaille et conviction des considérations aéronautiques qu’elles soient techniques, pédagogiques ou liées aux facteurs humains. Les frais inhérents à son déplacement sont pris en charge par le CRA Pays de la Loire.
Par ailleurs des subventions sont proposées pour l’organisation de vols de mise en garde qui participent à anticiper les situations inusuelles en toute sécurité.
Enfin tout projet concernant la sécurité peut être soumis au CRA Pays de la Loire pour obtenir une aide pour sa mise en pratique.